Préambule du (non) départ en Thaïlande: histoire d'un purpura

Publié le par Biniou

 

Le mercredi 28 avril :

 

Nous sommes rentrés de Gonfaron l’avant-veille, enchantés de notre premier volontariat, et après être repassés dans nos familles respectives, nous profitons un peu de Paris en compagnie d’Olivier, dans un pub écossais vers Châtelet. En attendant Olivier, les jambes de Flore la démangent violemment : depuis plus d’une semaine elle a des piqûres, d’origine inconnue (moustiques, puces ?). Malgré mes remontrances elle n’arrive pas à s’empêcher de se gratter. La soirée passe et nous décidons de rentrer à pied à Montparnasse pour profiter un peu de la capitale avant notre départ. Après une petite heure de marche nous arrivons au studio, et Flore ressent quelque chose de différent au niveau des jambes. Elle a peur de regarder et me demande de lui dire ce qui ne va pas. Anxieux, je découvre sous le pantalon de grosses plaques d’urticaire, et un gonflement de ses pieds. Nous sommes tous les deux inquiets, mais il est plus de minuit, et à part une sensation de chaleur au niveau des jambes, Flore ne souffre pas, les démangeaisons ont d’ailleurs cessées. Je pense tout d’abord à une allergie, peut-être due au venin des piqûres qui se serait répandu sous l’effet des démangeaisons. Nous décidons d’attendre le lendemain matin en espérant que tout disparaisse vite. Inquiets, nous allons au lit tandis que le purpura, lentement mais sûrement, commence tranquillement à se développer.

 

Le jeudi 29 avril :

 

Premier réflexe au réveil : vérifier l’état des jambes de Florette. Pas d’évolution visible, mais pas de désagréments plus importants non plus. Nous restons calmes, mais décidons fidèles à notre promesse de la veille de nous en remettre à l’avis d’un médecin. Après 2h en salle d’attente, le bilan de la consultation est assez vague : pas de diagnostic précis, sans doute une allergie, quelques médicaments à prendre et surtout des prises de sang à effectuer. Confiants, nous ne nous doutons encore de rien, et sommes persuadés que l’allergie disparaitra au bout de quelques jours, ou du moins qu’elle n’évoluera pas. Tout en nous livrant à nos activités quotidiennes, nous attendons patiemment le lendemain matin.

 

Le vendredi 30 avril :

 

Lever aux aurores (pour nous… 9h du matin !), nous nous dirigeons tout droit vers le centre d’analyses médicales le plus proche. En quelques minutes l’affaire est bouclée. Il ne nous reste plus qu’à attendre les résultats qui nous arriveront le lundi. Après avoir fait nos vaccins préventifs avant le départ en Thaïlande, nous quittons alors Paris l’après-midi même pour nous rendre chez moi à Cergy pour le week-end. Une fois arrivés nous exposons le problème à mes parents. Ma mère, dermatologue improvisée, diagnostic alors un purpura. La ressemblance avec les photos trouvées sur internet est frappante, mais Flore ne souffre alors d’aucun autre symptôme que des problèmes de peau, et nous décidons de nous en remettre aux analyses sanguines pour y voir plus clair. Ce diagnostic précoce se révèlera en faire très pertinent… En même temps, Florette fait jouer de ses « contacts » et surtout de ceux de sa famille (merci maco !), pour obtenir un rendez-vous chez une dermatologue pour le mardi, c’est-à-dire la veille du départ. Puis dans la soirée, Flore commence à souffrir de douleurs articulaires, ce qui correspond de plus en plus avec le purpura… mais voyons donc ce que nous apprendront les jours suivants.

 

Le lundi 3 mai :

 

Les résultats d’analyses sanguines sont arrivés en matinée, et ne dénotent absolument aucun problème ! Cependant, les douleurs articulaires de Flore sont devenues de plus en plus intenses et elle se sent fatiguée. Cela tombe d’autant plus mal que la journée est très chargée. Je finis les préparatifs du départ pendant qu’elle se repose. A ce moment, je suis presque convaincu qu’il s’agit d’un purpura, car le diagnostic ne doit être que clinique, et non sanguin, mais je pense (et j’espère surtout) alors que la forme est mineure et que le seul traitement nécessaire sera un peu de repos.

 

Le mardi 4 mai :

 

Veille du départ. Jour du dénouement. Nous allons manger chez Mère Zitte à Asnières, avant d’être amenés par la maman de Flore chez la dermato, tout près d’ici. Arrivés au cabinet, et une fois Flore rentrée, les ¾ d’heure de consultation ne m’annoncent rien de très bon. En effet, à sa sortie, Flore m’annonce qu’il s’agit d’un « purpura infiltré », et que la dermato a écrit une lettre qui lui interdit formellement tout voyage dans son état actuel, et bien plus encore, qui exige son hospitalisation immédiate. Moi qui n’avais même pas voulu remettre en cause, consciemment du moins, le voyage du lendemain préparé de si longue date, je tombe de bien haut. Et l’hospitalisation est inquiétante, bien que Flore m’assure qu’il ne s’agit que d’examens de surveillance. Arrivés chez Maco, nous exposons la situation, et la maman de Flore nous emmène directement à l’hôpital, où Florette est prise en charge sans délais. La question se pose alors : qu’est ce que je dois faire ? Peut-on vraiment « abandonner » sa copine au moment même où elle entre à l’hôpital ? Je n’ai aucune envie de la laisser, et je n’avais même pas imaginé partir tout seul… Pourtant, Flore va très bien à ce moment, ses douleurs articulaires se sont même atténuées. C’est à se demander pourquoi elle est hospitalisée, et pourquoi elle ne peut prendre l’avion. Son père a appelé la compagnie aérienne et en raison de son état de santé et attestation à l’appui, celle-ci a accepté de reporter son billet d’avion à une date où elle sera en état de voyager. Quant à moi, j’ai le choix : soit j’annule tout le projet en Thaïlande, soit je ne me présente pas au vol du lendemain et je paie un millier d’euros pour partir en même temps que Flore, soit je pars le lendemain et j’attends patiemment en Thaïlande que Flore sorte (rapidement) de l’hôpital. Elle me convainc de choisir la troisième solution, et je suis alors presque persuadé, vu son état, qu’elle me rejoindra vite.

 

Le mercredi 5 mai :

 

Jour du départ. J’ai passé la soirée seul au studio la veille, en essayant de préparer le départ. La matinée s’annonce pourtant encore chargée, je dois boucler les bagages et réunir quelques affaires à ramener à Flore. J’arrive à l’hôpital en début d’après-midi, et je trouve Flore aux toilettes en train de vomir : les problèmes intestinaux ont commencés le jour même, et bien que je ne le sache pas à ce moment-là, dureront longtemps… Cela me rend encore plus difficile de la quitter, mais je ne vois pas beaucoup d’alternatives. Dans cette situation je ne peux faire que des mauvais choix, et me sentant coincé je mise sur celui qui aura le moins de conséquences négatives : j’espère pouvoir rattraper cette mésaventure par une période plus gaie en sa compagnie en Thaïlande, une fois tous ces mauvais moments passés… Je pars alors pour l’aéroport direction Bangkok… tout seul. Le voyage s'annonce moins sympathique que prévu...

 

Le mardi 11 mai :

 

A l’heure où j’écris ces lignes, je suis à Bangkok chez mon grand frère. Flore est toujours à l’hôpital, ses problèmes digestifs ne se sont pas encore atténués, et elle doit être alimentée sous perfusion à cause de ses nombreux vomissements. Je me sens bien mal de ne pas être resté à ses côtés et ne pas pouvoir la soutenir directement dans ces moments très désagréables à passer. Dans l’état actuel des choses, on peut penser qu’il faudra encore quelques semaines pour que la maladie se résorbe complètement et que les médecins l’autorisent à nouveau à voyager. Je vais commencer le volontariat seul en me tenant au courant quotidiennement de son état…

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Publié dans Thaïlande

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M
<br /> Biniou : tu as trés bien résumé la situation et tous les désagréments qu'elle entraine!!! Je suis allée voir Flore hier : je l'avais vue jeudi dernier et je trouve que les plaques sur les bras<br /> s'atténuent... C'est bon signe ?? Courage à tous les deux et bisous . Maco<br /> <br /> <br />
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